Le batteur en grange

vendredi 27 novembre 2015
par  Francis RENOUT
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........... Métiers d’autrefois : le batteur en grange. ............

Qui n’a pas eu en faisant des recherches généalogiques des batteurs en grange dans sa famille !!!!!

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En septembre le "batteur en grange" armé de son fléau allait de ferme en ferme battre le blé et les autres céréales telles que le seigle et l’avoine. Il travaillait sur l’aire de terre battue, surface plane aménagée dans un coin de la grange. Cette activité se pratiquait par temps sec. C’était un métier pénible qui fatiguait surtout les muscles des bras et des jambes.

Le battage au fléau est de tous les travaux de la ferme le plus rude et le plus nuisible à la santé des hommes qui s’y livrent, et en même temps le moins lucratif.

Le fléau était un outil en bois de charme de préférence. Il était composé de deux parties ; un manche et une "batte", reliés par une courroie de cuir. Le batteur levait le fléau et l’abaissait d’un mouvement régulier de manière à faire tomber la "batte" horizontalement sur les épis.

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Dans une ferme de quelque importance, il y avait quatre ou six batteurs formant deux équipes, laissant tomber le fléau sur la gerbe alternativement et en cadence. Une équipe se mettait par un bout, la seconde à l’autre bout de l’aire de la grange. Pour une équipe de deux, les batteurs se tenaient sur la même ligne, avec un intervalle de 1 m. 50 entre eux : s’ils étaient trois, le troisième se plaçait en face des deux autres, à distance de jeu de fléau, en formant ainsi les sommets d’un triangle équilatéral.

Les batteurs étaient pieds nus, pour ne pas écraser le grain avec leurs sabots et en chaussons par les trop grands froids. Pour les battre, on disposait les gerbes de blé de la manière suivante : trois ou quatre gerbes étaient placées à côté l’une de l’autre, sans être serrées, perpendiculairement à un côté de l’aire, les épis étant tournés vers le milieu de l’aire. Trois ou quatre autres gerbes étaient mises en face et du côté opposé aux premières, leurs épis touchant presque ceux des premières gerbes placées. Alors, les batteurs frappaient de leurs fléaux les épis de la première gerbe à leur droite, tous sur la même, avançaient sur la seconde, puis sur la troisième, revenaient sur la troisième gerbe de la rangée de gauche, ensuite sur la deuxième et finissaient sur la première de cette rangée.

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Cette première opération faite, ils retournaient les gerbes sur place, pour mettre en dessus la face du dessous. Ils battaient alors les gerbes retournées, comme dans la précédente opération. Les épis de deux côtés des gerbes étant ainsi battus, on déliait celles-ci, on les écartait, on détortillait les liens que l’on mettait sur les gerbes et, alors, on frappait sur toute une largeur de la paille écartée, afin de battre les épis pouvant se trouver dans l’intérieur des gerbes.

Cette troisième tournée finie, on retournait la paille en mettant en dessus la face se trouvant en dessous ; pour cette opération, on prenait la paille par le bout des épis, on la soulevait et on lançait ce bout du côté de la partie opposée (du côté du cul des gerbes), ramenant ainsi cette partie vers le milieu de l’aire.

Alors, on frappait de nouveau une quatrième fois. Les gerbes se trouvaient cette fois complètement battues ; on en ramassait la paille à grandes brassées que l’on mettait dans un coin de l’aire sans être liée. Les batteurs ne liaient la paille que lorsqu’ils en avaient une grande quantité agglomérée et ils en lançaient les bottes en dehors de la grange ou dans une pontée s’il y en avait une de libre. L’enlèvement ou l’entassement de la paille était à la charge du fermier.


Documents joints

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